5 raisons essentielles d’agir pour l’accessibilité numérique dans votre organisme de formation

Qu’est-ce que l’accessibilité numérique pour un organisme de formation ?

L’accessibilité numérique, c’est le fait de rendre vos contenus et services utilisables par toutes et tous, y compris par les personnes en situation de handicap (PSH) (visuel, auditif, moteur, cognitif…), et aussi par des personnes en situation de fragilité temporaire (fatigue, stress, ordinateur vieillissant, connexion faible).

Concrètement, dans un organisme de formation, cela concerne notamment ce que vous mettez à disposition en ligne :

  • votre site web (catalogue, formulaires, inscription),
  • vos espaces extranet / LMS,
  • vos documents et supports numérique et téléchargeables (PDF, Word, PowerPoint),
  • vos contenus e-learning (vidéos, quiz),
  • vos communications numériques (emails, newsletters, posts sur les réseaux sociaux).

    Pourquoi l’accessibilité numérique concerne aussi votre organisme

    Même si vous n’y avez jamais pensé, il y a de fortes chances que votre organisme soit concerné directement (selon votre statut et vos services) ou impacté indirectement (appels d’offres, exigences clients/financeurs, expérience apprenant). Voici 5 raisons d’agir :

    1) Parce que vos apprenants peuvent être concernés… sans le dire

    Beaucoup de handicaps ne se voient pas et ne se déclarent pas forcément. (80% des handicaps sont invisibles).
    Résultat : si vos contenus sont difficiles à lire, à comprendre ou à utiliser (ex. PDF “image”, liens incompréhensibles, quiz inutilisable au clavier), vous perdez des apprenants avant même d’avoir eu un signal d’alerte.

    Le bon réflexe : ne pas attendre une demande. Concevoir des supports plus robustes profite à tous.

    2) Parce qu’il existe un cadre légal (et qu’il faut le formuler correctement)

    Côté RGAA (France) : tout le monde n’est pas “automatiquement concerné”

    En France, l’obligation d’accessibilité numérique des services de communication au public en ligne vise notamment :

    • les personnes morales de droit public,

    • les organismes privés délégataires d’une mission de service public (ou répondant à certaines conditions),

    • et les entreprises au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires (250 M€).

    Ces services incluent notamment sites internet, intranet/extranet, applications mobiles, etc. Certains contenus peuvent être exemptés selon leur nature et leur date (ex. anciens fichiers bureautiques avant une date, archives, certains contenus tiers…), et une dérogation “charge disproportionnée” existe au cas par cas.

    Côté EAA (Europe, applicable depuis le 28 juin 2025) : attention au commerce électronique

    Depuis le 28 juin 2025, la directive “Européenne Accessibilité” « Europeen Accessbility Act (EAA) impose des exigences d’accessibilité à certains services, dont le commerce électronique.
    Point important : des règles spécifiques existent pour les micro-entreprises (moins de 10 salariés et CA ou total de bilan inférieur à 2 M€) : dans ce cas, les obligations ne s’imposent pas aux prestataires de services sur ce périmètre. Des exemptions peuvent aussi exister (charge disproportionnée, modification fondamentale, etc.), et certains contrats antérieurs peuvent bénéficier de délais.

    Traduction simple : selon votre modèle (vente en ligne, type de clients, taille, statut), votre exposition n’est pas la même. L’enjeu est de qualifier votre situation plutôt que de dire “tout le monde est obligé”.

    3) Parce que la certification Qualiopi et la prise en compte du handicap demandent des preuves (sans confondre les textes)

    La certification Qualiopi ne “remplace” pas le RGAA, et la certification Qualiopi n’est pas une “loi accessibilité numérique”.
    En revanche, le Référentiel national qualité (RNQ) attend que le prestataire mobilise les moyens et réseaux nécessaires pour accueillir, accompagner/former ou orienter les publics en situation de handicap / PSH.

    Dans la réalité d’un audit, ce qui fait la différence, ce sont des preuves concrètes :

    • des supports pédagogiques exploitables,

    • des modalités adaptées,

    • une démarche outillée (checklists, process, personnes référentes),

    • et une capacité à corriger/faire évoluer.

    4) Parce que l’inaccessibilité fait perdre des apprenants… et de la valeur

    Quand une personne ne peut pas :

    • ouvrir un document correctement,

    • suivre une vidéo sans alternative,

    • naviguer dans une plateforme,

    • ou comprendre une consigne,

    elle abandonne ou contourne… et votre organisme paie la facture :

    • baisse de satisfaction,

    • baisse de complétion,

    • plus de support/assistance,

    • image dégradée.

    À l’inverse, rendre vos contenus plus accessibles améliore souvent la clarté, la qualité pédagogique et l’efficacité pour tous.

    5) Parce que le risque n’est pas seulement juridique : il est aussi contractuel et commercial

    Risque réglementaire (si vous êtes dans le champ applicable)

    Si vous êtes soumis aux obligations d’accessibilité numérique de services en ligne, il existe des attentes formelles (ex. information sur le niveau d’accessibilité, déclaration, mécanisme de contact/signalement…) et un cadre de contrôle pouvant mener à des suites administratives.

    Risque contractuel (même hors champ strict)

    Même lorsque vous n’êtes pas directement dans le champ, vous pouvez être tenu par :

    • des exigences d’acheteurs publics ou grands comptes,

    • des clauses d’appels d’offres,

    • des demandes de financeurs/partenaires,

    • des engagements RSE.

    C’est souvent ce risque contractuel qui “rattrape” les OF en premier.

    Comment commencer simplement, sans tout révolutionner ?

    Bonne nouvelle : vous n’avez pas besoin d’être développeur ou expert RGAA pour démarrer.

    1) Sensibilisez vos équipes (format court)

    Objectif : comprendre les erreurs qui bloquent vraiment et adopter une culture “support accessible par défaut”.

    2) Faites un premier état des lieux (sur ce qui compte)

    Commencez par vos contenus les plus diffusés :

    • vos PowerPoint/Word/PDF / supports de cours,

    • vos emails types et documents d’inscription,

    • votre parcours “catalogue → inscription → paiement” (si vente en ligne),

    • votre LMS (si vous en avez un).

    Astuce : un diagnostic rapide sert surtout à prioriser (impact / effort / risque).

    3) Appliquez 6 règles simples tout de suite

    • Évitez le texte “dans une image” quand ce n’est pas nécessaire.

    • Ajoutez des textes alternatifs utiles aux images importantes.

    • Structurez vos documents avec des titres et une logique claire.

    • Ne basez pas la compréhension uniquement sur la couleur.

    • Vérifiez contraste, taille de police, lisibilité.

    • Pour les vidéos : pensez sous-titres, transcription ou alternative selon les usages.

    4) Demandez des preuves à vos outils (LMS, plateformes, prestataires)

    Ne vous contentez pas d’un “oui c’est accessible”.
    Demandez : un rapport d’audit, des engagements de correction, et comment ils gèrent les demandes d’accessibilité.

    5) Faites-vous accompagner si vous voulez aller vite (et éviter les fausses bonnes idées)

    L’accessibilité numérique est un processus d’amélioration continue. L’objectif est d’avancer avec méthode, sans immobiliser la production.

    En résumé

    L’accessibilité numérique n’est pas un “plus”.
    Selon votre statut et vos services, cela peut relever d’obligations, et dans tous les cas c’est un levier de qualité, de performance et de crédibilité.

    L’essentiel : commencer petit… mais commencer dans le bon ordre.

     Besoin d’un coup de pouce ?

    Chez Vicaskills, nous aidons les organismes de formation à rendre leurs contenus numériques plus accessibles de façon pragmatique, en priorisant ce qui bloque réellement :

    • Diagnostic express (priorités + quick wins)

    • Sensibilisation des équipes

    • Mise en conformité progressive (RGAA / exigences applicables selon votre situation)

    Liens officiels :

    RGAA – Champ d’application (règles + exemptions)

    Légifrance – Article 47 (loi 2005, obligations accessibilité)

    Légifrance – Décret n°2019-768 (services de communication au public en ligne)

    DGCCRF – Directive “Accessibilité” (EAA) : périmètre, exemptions, échéances

    DGCCRF – Professionnels : obligations (dont e-commerce, exemptions micro-entreprises)

    Ministère du Travail – Guide de lecture Qualiopi (RNQ) :